Le sens de l’Hégire

Le sens de l’Hégire

Sur sa monture, accompagné de son plus fidèle compagnon, il parcourt les quelques kilomètres qui lui restent pour atteindre la petite communauté, qui l’attend avec impatience. Qui aurait pu soupçonner qu’un homme, dans le fin fond de la péninsule arabique, soulèverait tant de ferveur et révolutionnerait le calendrier de l’humanité en y inscrivant des événements que nul n’ignore aujourd’hui. Que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui.

On connaissait l’Hégire comme l’émigration géographique à l’image de l’ensemble de la petite communauté musulmane de la Mecque vers Médine. Cette forme d’émigration, aujourd’hui, n’a quasiment plus aucun sens à l’heure de l’uniformisation de la culture du monde et de l’insécurité croissante dans les pays dominés.

L’Hégire comme le chemin de celui qui se repent est maintenant ancré dans nos rangs. Cette vision intérieure reprend l’essentiel de ce qu’ont vécu nos prédécesseurs en abandonnant tout ce qui les retenait sur la terre d’adversité et en marchant vers la terre d’accueil. Pourtant, il existe une tout autre émigration, complémentaire, que je souhaitais mettre en lumière. Pour cela, je nous invite à méditer cette histoire qui suit lors de la conquête de la Perse :

« Rostom eut une nouvelle entrevue avec les Musulmans. Sa’d lui envoya Rab’î Ibn ‘Amir. Rostom voulut par cette rencontre intimider les Musulmans : on dressa les tentes, on déplia les tapis luxueux, et on habilla Rostom de vêtements d’apparat : c’est ainsi qu’ils reçurent Rab’î.

Rab’î arriva dans le camp de Rostom à cheval, les cheveux tressés, une épée à la taille, un arc et des flèches sur l’épaule, et il s’appuyait sur une lance. On l’amena à Rostom, et lui qui s’appuyait sur sa lance, transperça tous les coussins et tapis qu’il rencontra sur son passage !

Ils lui demandèrent pourquoi il avait fait cela, à quoi Rab’î répondit : « Dieu nous a envoyés vers vous, avec pour tâche de faire sortir celui qu’Il veut de l’adoration des hommes vers l’adoration du Dieu des hommes, de faire sortir les gens d’une vie d’ici-bas étriquée, vers ce qu’elle offre de mieux, et de faire sortir les gens de l’injustice des autres religions pour les mener vers la justice et l’équité de l’Islam\[…]» »

Cette anecdote est arrachée à son contexte militaire. Mais ce qui nous intéresse c’est la réponse de ce compagnon, qui ne s’est pas laissé intimider par les richesses étalée de manière ostentatoire. La vision du monde qu’il a héritée de l’éducation prophétique englobait le monde d’ici-bas et ne se laissait pas englober par lui.

Aujourd’hui, la vision matérialiste qui a conquis le monde entier, jusqu’au mimbar, est sous tendue par un système de pensée philosophique du positivisme qui a, tel un prédateur, envahi toutes les sphères de la vie. Ainsi, Ramzi Saoudi, spécialiste de l’épistémologie et du réformisme dans l’aire arabo-musulmane, explique parmi les raisons de l’échec de Mohamed ‘Abdou (puisse Dieu lui faire miséricorde) dans sa tentative de réforme de la pensée musulmane l’association de celle-ci à un axe positiviste, il cite ici, Lahouari Addi, dans son livre « savoir exogène et savoir endogène » : Mohamed ‘Abdou et le courant de la Nahdah « ne semblent pas avoir été conscients que le positivisme qu’il prônait était en contradiction avec la théologie supposée le justifier, philosophiquement. C’est-à-dire que le positivisme n’est ni une technique ni une méthodologie, puisqu’il représente un système de pensée philosophique qui n’est pas neutre. Dans le sens où il a formulé ses propres catégories conceptuelles qui organisent sa vision du monde ». Cette dernière est née après la défaite en Europe de la théologie médiévale et de la métaphysique incapables de fournir les fondements épistémiques d’un savoir dit moderne ». (1)

Le professeur Abdessalam Yassine, (puisse Dieu lui faire miséricorde) a appelé à un changement bien plus profond. Son éducation et ses enseignements ont eu pour fruit de porter un nouveau regard sur le monde. Dans son livre « Histoire et Droit musulmans » il nous invite à « projeter notre esprit sur les plaines de la réalité et non de laisser les plaines de la réalité déteindre sur notre âme. » Les lumières de la Charia percées à travers un angle de vue global, qu’il développe dans son livre, porte un message bien différent de celui aux relents passéistes parmi lesquels, les plus soucieux de rassurer leurs contemporains font l’impasse sur la vie dernière cherchant à proposer pour cet avenir un modèle qui « devient alors une copie crétine du présent de la civilisation jahilyenne où l’on fourrerait le développement, l’industrialisation, la production, la répartition des biens, avec une sorte de concertation ressemblant à la Démocratie et avec quelque justice à la socialiste. Bref, des concepts islamiques servant à couvrir des idées aveugles pour cause de cécité des cœurs envers la Vie Dernière, promues par des auteurs modernistes… »

Une émigration ne se fait pas sans difficulté. Les habitudes, le confort, les idées reçues, la normalisation sont autant d’obstacles qui se dressent sur le chemin d’une vision émancipée de la raison orgueilleuse ! L’enjeu est immense ! A travers la fréquentation de nos frères et sœurs les plus motivés, les plus ambitieux je me donne une chance de faire partie des privilégiés. L’enjeu est de taille ! A travers l’éducation, l’étude et la lecture, au sein de notre fraternité bénie, il s’agit de marcher vers une vision du monde qui nous permettra de proposer une alternative viable pour l’avenir de l’humanité. Cet Hégire n’est pas acquis mais il est de notre responsabilité pour pouvoir « faire sortir celui qu’Il veut de l’adoration des hommes vers l’adoration du Dieu des hommes, de faire sortir les gens d’une vie d’ici-bas étriquée, vers ce qu’elle offre de mieux, et de faire sortir les gens de l’injustice des autres religions pour les mener vers la justice et l’équité de l’Islam. »

(1) Dr Ramzi Saoudi, les cahiers de la théologie musulmane, numéro 3, mars 2017

Fini les vacances, c’est la rentrée !


Fini les grandes vacances. L’été, même si le soleil n’était pas au rendez-vous pour certains, nous a permis de vivre autrement pour notre plus grand bien. Même pour celles et ceux qui n’ont pas voyagé, nous avons rechargé nos batteries. Mais voilà que la rentrée arrive…

Les rythmes vont changer et la pression de l’efficacité au travail, à la maison, pour soi et pour les enfants refait surface. Place au stress de la rentrée …

La reprise du travail, préparer la rentrée scolaire des enfants après les congés d’été, s’avèrent parfois difficile. Et s’accompagnent souvent d’un petit coup de blues.

C’est normal. La rentrée scolaire et professionnelle est une période de transition. On passe d’un état de grande liberté à un environnement de grande contrainte. Une période d’ajustement est donc nécessaire pour changer ses habitudes, et aussi pour que cette mélancolie s’estompe…

Voici quelques conseils pour bien commencer la rentrée

Rester serein et retrouver ses repères

On commence en douceur en rappelant qu’il y a un temps pour les vacances, et un temps pour le travail. Les vacances se terminent, c’est un fait, mais il y en aura d’autres, si Dieu nous le permet. Après deux mois, c’est normal de s’y remettre.

Une fois rentrés, reposés de nos « belles » vacances, il faut déballer les valises, ranger, laver le linge … c’est la pagaille à la maison et le retour s’avère moins drôle. On en déprimerait presque.

Pourtant, il est bien de commencer cette rentrée avec un espace de vie respirant la propreté et sans désordre. On dit que la maison est notre seconde peau. Une sorte d’extension de soi. Rangez les choses, autour de vous et dans votre esprit. Jetez (ou donnez) ce qui vous encombre mentalement et visuellement. Sentez vous bien dans l’endroit où vous vivez. Une maison propre et rangée donne cette sensation de vie qui circule. Vous verrez, votre humeur changera du tout au tout.

Ensuite, notez tout ce que vous devez faire en hiérarchisant les priorités et donnez vous des objectifs à réaliser chaque jour (les courses, tri, répondre aux mails, rendez-vous…). Vous serez ainsi bien organisé et satisfait de vous sentir efficace. Ne vous mettez surtout pas en situation d’être débordé, faisant tout à la dernière minute et stressé de ne pas y arriver. Essayez d’anticiper le plus possible. Si nécessaire, aidez vous d’un agenda !

Réadapter son sommeil

C’est le point le plus important pour être en forme au moment de la reprise du travail au bureau ou à l’école L’horloge biologique s’est adaptée à un rythme plus léger. Pendant les vacances, on dort plus, on se lève plus tard, on est beaucoup plus décontracté. Au moment de la reprise, on le sait, le réveil sera plus matinal. Il est donc important de se coucher à une heure raisonnable pour conserver la même durée de sommeil. Et pour les gros dormeurs commencez à mettre un réveil un peu plus tôt chaque jour. Le corps se réadapte tout doucement, et le lever sera nettement plus facile.

Cependant, pour les plus jeunes, la phase de réadaptation est particulièrement importante. Les adolescents ont tendance à se mettre en « retard de phase »[1], c’est-à-dire à avoir un sommeil retardé. Il faut leur faire retrouver des bornes de sommeil, en les faisant coucher plus tôt et en les forçant à se lever le matin. Au moins cinq jours avant. Et surtout ne pas s’y prendre à la dernière minute. Selon Yvan Touitou, chronobiologiste, « les parents devraient commencer à imposer un retour aux horaires « normaux » cinq jours avant la reprise des cours. Ce sont ces bornes du sommeil qui déterminent la synchronisation de notre horloge. Sans cela, les enfants sont fatigués et ont plus de chances d’avoir de piètres performances scolaires. »

Rester positif et continuer à se faire plaisir

Le mot d’ordre : dédramatiser la rentrée. La rentrée ne sonne pas le glas de tous les plaisirs que l’on s’octroyait en vacances. Au contraire, il est important de prendre du temps pour soi, en famille ou entre amis et de ne pas faire l’impasse sur les moments de détente, surtout la semaine de reprise. Pourquoi ne pas organiser une sortie en famille ou un dernier pique-nique au soleil ? Du beau temps est prévu pour ce week end (29 et 30 Août), si Dieu le veut. L’idée est de ne pas s’oublier.

Les vacances ont été l’opportunité de mettre en place de nouvelles pratiques positives sur notre moral, notre santé, nos relations (sorties, visites, détente…)… Rien ne nous empêche de prolonger ces bonnes habitudes en dehors de l’été, surtout si elles nous font du bien. La rentrée ne signifie pas oublier les périodes de répit, on peut toujours s’accorder des moments de plaisir. Dieu merci, il y a encore les week end ! Et aussi les jours de la semaine, pour ceux qui trouvent le temps

Restons donc positif ! Et pensez aux amis, à votre entourage que vous avez hâte de retrouver et qui vous font aimer leur bonne compagnie, votre travail, votre participation … à leur côté et qui donne un sens à votre vie. Vous verrez ainsi (peut être) votre stress s’envoler ! Et estimez-vous heureux d’être toujours là pour vivre la rentrée !

Le jour du Vendredi et ses mérites

Dieu crée ce qu’Il veut et choisit parmi Ses créatures ce qu’Il veut. Il a donné à certains lieux plus de valeurs que d’autres, a distingué des mois parmi les douze mois lunaires, a favorisé certains jours par rapport à d’autres…  Ainsi Il a choisi le Vendredi parmi les jours de la semaine comme rendez-vous hebdomadaire pour tous les croyants, et lui a donné des particularités qu’Il n’a donné à nul autre jour.

« Le Vendredi est le plus excellent et le plus distingué jour parmi les autres jours de la semaine aux yeux de Dieu, si bien qu’il a plus de mérite que  l’Aid Al-Fitr et l’Aid Al-Adha. », nous enseigne le Prophète, paix et salut sur lui. (1)

La prière du vendredi, une ordonnance divine

« Ô vous qui avez cru, quand on appelle à la prière du jour du Vendredi, accourez à l’invocation de Dieu et laissez tout commerce, cela est bien meilleur pour vous, si vous saviez. » (2)

Assister à la prière du vendredi est donc une obligation pour tout Homme musulman, de sexe masculin, sain de corps et d’esprit, responsable et résident.

L’empressement dont il est question dans le verset ci-dessus, ne consiste pas à la manière de marcher, ou à courir pour se rendre au lieu de prière, mais comme nous l’enseigne l’imam Hassan Bassri, que Dieu lui fasse miséricorde, à la manière de « s’y rendre avec le cœur, l’intention et l’humilité » (3)

Par ailleurs, la femme, l’enfant, le voyageur et le malade n’ont pas l’obligation de se rendre à la prière du vendredi. Cela n’interdit pas pour autant à la femme d’y aller. Au temps du Prophète, paix et salut sur lui, les croyantes assistaient régulièrement à la prière du vendredi et s’instruisaient grâce au sermon hebdomadaire qui, selon la tradition prophétique, était une école pour apprendre sa religion et revivifier les cœurs du rappel de Dieu.

Celui qui connaît les vertus de ce jour prendra un soin particulier à être régulier dans l’accomplissement de cette ordonnance divine, et restera attentif à ne pas perdre une seule seconde de cette précieuse journée pour accomplir les bonnes œuvres.

Quelques recommandations à observer pour la prière du vendredi

Le jour du vendredi est jour de fête pour le croyant, compte tenu de ce rendez-vous hebdomadaire qui réunit tous les fidèles en un seul corps pour célébrer l’office de la prière. Et qui dit jour de fête, invite chaque fidèle à se faire beau pour Son Seigneur avant la célébration de la prière du Vendredi. De s’y préparer aussi bien physiquement que spirituellement.

Ainsi, pour la prière du vendredi, il est recommandé de faire ses grandes ablutions (ghusl), de se brosser les dents, de porter des vêtements propres, de se parfumer. Selon d’autres sources, il est également conseillé de se couper les ongles et de porter ses plus beaux vêtements, particulièrement des vêtements de couleurs blanches.

Il est vivement encouragé de se rendre le plus tôt possible à la prière, si le temps le permet, afin de se consacrer à la prière, notamment la prière de salutation de la mosquée et les prières surérogatoires, mais aussi à la lecture du Coran, à l’évocation de Dieu et l’invocation avant la venue de l’imam.

« Le jour du vendredi, les anges prennent place aux portes de la mosquée et notent dans l’ordre les arrivants. Celui qui arrive tôt est semblable à celui qui offre une chamelle, une vache, un mouton, une poule, ou un œuf (selon l’ordre d’arrivée). Lorsque l’imam se présente et monte en chaire, les anges rangent leurs registres et écoutent le rappel », nous enseigne le Prophète, paix et salut sur lui. (4)

Parmi les règles de bienséances à respecter au sein de la mosquée, il convient de ne pas enjamber ceux qui sont assis ou de se mettre entre deux fidèles en les séparant. Et une fois que l’imam commence son sermon, il faut cesser de parler et écouter attentivement ce qu’il dit. Il faut éviter toute distraction venant d’un quelconque objet. Aujourd’hui, Il n’y a rien de plus désagréable qu’une sonnerie de téléphone portable lors de la prière du vendredi, cela déconcentre tout le monde, même l’imam. Alors éteignons nos portables, au mieux laissons-les dans la voiture, afin de profiter pleinement de ce moment, et de nous imprégner de ses bénédictions.

Le Prophète, paix et salut sur lui, nous encourage dans ce sens : « Tout Homme qui se lave le vendredi, se purifie au mieux, se parfume, puis se rend ensuite à la mosquée pour y prendre place sans séparer les fidèles, puis accomplis les prières (surérogatoires) qu’il était destiné à accomplir, puis qui se tait et écoute attentivement la prise de parole de l’imam, n’agira pas ainsi sans voir les pêchés qu’il a commis entre les deux vendredis pardonnés, pour autant qu’il ne commette pas de péchés capitaux. » (5)

Actions recommandées pendant le jour du vendredi

Il est bon de lire la sourate  La Caverne  (sourate 18) pendant la veille ou le jour du vendredi. Le Prophète, paix et salut sur lui, dit : « Celui qui a lu la sourate de La Caverne le jour du vendredi sera éclairé de lumière entre les deux vendredis » (6)

Il est bien d’appeler abondamment la bénédiction et la paix sur le Prophète, paix et salut sur lui, en ce jour. Le Message de Dieu, paix et bénédictions sur lui, a dit : « Parmi les meilleurs de vos jours, il y a le jour du vendredi. En ce jour Adam fut créé, et en ce jour il est mort. En ce jour aura lieu le soufflement (dans la trompe), ainsi que le foudroiement. Multipliez les prières sur moi ce jour-là, car certes vos prières me sont présentées ». Ils ont dit : « Ô Messager de Dieu, comment nos prières te seront présentées alors que ton corps sera décomposé ? ». Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit: « Certes Dieu a interdit à la terre de manger le corps des prophètes ». (7)

Il est recommandé d’invoquer Dieu abondamment pendant ce jour, car il s’y trouve une heure où les invocations sont exaucées. Celui dont les prières coïncident avec ce moment de grâce, Dieu lui accorde ce qu’il demande. Le Prophète, paix et salut sur lui, a dit : « Il y a certes le jour du vendredi une heure avec laquelle aucun serviteur musulman ne concorde, demandant à Dieu, exalté soit Son nom, un bien, sans que Dieu ne le lui donne ». De sa main, le Prophète, paix et salut sur lui, fit signe qu’il s’agit d’un court moment » (8). Cette heure n’a pas été déterminée avec précision, dit-on, afin que le fidèle persévère toute la journée du Vendredi à faire des invocations recherchant les grâces et les faveurs du Tout Puissant.

Ibn al Quiyyam, que Dieu lui fasse miséricorde, nous encourage dans ce sens à travers ces paroles : « Le vendredi est un jour d’adoration. Il est pour les jours de la semaine, ce qu’est Ramadan parmi les autres mois. Le moment pendant lequel Dieu, exalté soit Son nom,  exauce les invocations en ce jour équivaut à la nuit du Destin pendant le mois de Ramadan » (9)

Que Dieu nous permette de multiplier les œuvres pieuses en ce jour béni. Et qu’Il fasse de ce jour la meilleure provision pour Sa Satisfaction et pour le bonheur dans cette vie ici-bas et dans la vie dernière.

jeûner le 13, 14, et 15 du mois lunaire

Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : 

« Ô Abou Dharr, si tu jeûnes trois jours chaque mois, jeûne les treizième, quatorzième et quinzième ». 

(At-Tirmidhî n°761, An-Nasâi n°2424)

– Milhân (رضي الله عنه) affirme : 

« Le Prophète nous enjoignait de jeûner les jours blancs : les treizième, quatorzième et quinzième ». 

Abou Dâoûd n°2449, An-Nasâi n°2432

Abou Hourayra رضي الله عنه a dit : 

« Mon grand ami (le Prophète) m’a recommandé trois choses :

Le jeûne de trois jours par mois.
Deux unités de prière entre le lever du soleil et midi.
Une unité de prière avant de m’endormir ». 

Al-Boukhâri, Mouslim qui le rapporte aussi d’Abou Darda

Selon ‘Abdullâh Ibn ‘Amr Ibn Al ‘As رضي الله عنه, le Messager d’Allâh صلى الله عليه وسلم a dit :

« Le jeûne de trois jours par mois est comme le jeûne de tout le temps ». 

Al-Boukhâri, Mouslim

Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : 

« Jeûner trois jours chaque mois et jeûner le mois de ramadan jusqu’au ramadan, c’est (comme) jeûner tout le temps ». 

Mouslim n°1162, Abou Dâwoûd n°2425

Le sacrifice التضحية

Le sacrifice est une SUNNA obligatoire chez la majorité des juristes, confirmée par les Textes coraniques et prophétiques. Ainsi Dieu dit:

« Nous avons désignés les chameaux (et les vaches) biens portants pour certains rites établis par Allah. Il y a en eux pour vous un bien. Evoquez donc sur eux le nom d’Allah (au moment de l’immolation) …Ni leurs chairs ni leurs sangs n’atteindront Allah, mais ce qui l’atteint de votre part c’est la piété. » S.22 – V.6.

« Accomplis la prière pour ton Seigneur et sacrifie » S 108 – V.2.

Parmi les textes prophétiques, on cite des hadiths rapportés par Al Boukhari et Mouslim,dont les suivants :

Selon Al Barraa’Ibn Azeb, le Messager d’Allah (Paix et bénédictions de Dieu sur lui) a dit :

« La première chose avec laquelle nous commençons notre journée c’est la célébration de l’office de la prière à la mosquée, ensuite nous revenons chez nous et nous sacrifions. Celui qui fait cela aura réalisé notre Sounna »

Selon Anas, qu’Allah soit satisfait de lui, le Messager d’Allah (Paix et bénédictions de Dieu sur lui) a sacrifié deux beaux béliers bien portants et cornus. Il les a immolés de ses propres mains et a invoqué Allah, l’Exalté, en disant « Allahou Akbar !».

Ce sacrifice est l’un des rites-symboles de l’islam qui méritent d’être respectés et célébrés.Et ce, conformément au verset où Allah dit « Et quiconque exalte les injonctions sacrées d’Allah, s’inspire en fait de la piété des cœurs » S.22- V.32.

C’est une adoration individuelle prescrite aux adultes et aux jeunes qui en ont la capacité.

La bête du sacrifice rituel « al oudhiya » doit cependant satisfaire certaines conditions :

La première condition massivement affirmée par les tenants des quatre grandes écoles jurisprudentielles est que la bête doit être une bête de cheptel connu chez les Arabes (Bahimatou Al an’aam) tels les ovins, les chameaux et les bovins. Aucune autre bête sacrifiée ne pourra être considérée comme valide rituellement.

Quant à l’âge de la bête, le Prophète (Paix et bénédictions de Dieu sur lui) a ordonné aux compagnons d’immoler « Al Jad’a » (âgée de 6 mois à une année) dans les ovins et « at- thany » (bête âgée de 2 ans et plus) dans les autres bêtes.

Les juristes ont divergé quant à la signification de « al jad’a » pour des raisons linguistiques. On relève quatre points de vue qui délimitent l’âge de « al jad’a » entre 6 mois et une année. Il s’agit de l’avis de la majorité des juristes à l’exception des Chafiites et de certains Malékites.

Les juristes contemporains, comme les anciens, ont débattu sur la question de la délimitation de l’âge des bêtes du sacrifice : s’agit-il d’une question purement cultuelle,c’est-à-dire qui est de l’ordre de l’adoration, arrêtée, donc, par le législateur et qu’il faut appliquer telle quelle en se conformant strictement au texte ? Ou plutôt d’une question d’ordre finaliste, donc ouverte à l’interprétation ?

Deux avis se dégagent de ces débats :

1 – L’avis de la majorité des savants est le suivant. L’âge de la bête du sacrifice rituel est un sujet d’ordre cultuel et adoratif. Il est fixé par le législateur, au travers de textes prophétiques précis qu’on ne saurait soumettre à l’interprétation pour en faire plus au moins. Et celui qui contrevient à ces limites définies par les textes n’aura pas le mérite du sacrifice rituel en tant que tel. On peut citer à cet effet l’avis de l’imam An-Nawawi qui dit :

La Oumma a unanimement affirmé que ne sont valables pour le sacrifice rituel que les bêtes âgées de deux ans et plus dans les camélidés, les bovins, et les caprins, et celles âgées de 6 mois et plus dans les ovins.

Pour le grand public des savants, les « thany » dans les caprins sont les bêtes ayant un an révolu, alors que chez les Chafiites, les « thany » sont celles qui ont deux ans révolus.

La bête appelée « musinna » (âgée) dans les bovins désigne une bête âgée de deux ans révolus chez ces savants, mais chez les Malékites, c’est celle ayant 3 ans révolus.

2 – Le deuxième avis considère que la délimitation de l’âge des bêtes du sacrifice est un sujet purement finaliste, donc soumis à l’interprétation, tout en ayant une dimension cultuelle. La délimitation par les Textes d’un âge minimal des bêtes vise en fait à s’assurer de la disponibilité d’une quantité suffisante de viande pour générer un climat de joie et de gaieté dans les foyers et auprès des pauvres et des nécessiteux qui bénéficient de ce sacrifice. Telle est la finalité visée par le Prophète (Paix et bénédictions de Dieu sur lui) dans son hadith « Mangez-en, nourrissez-en les pauvres et conservez-en » d’après Mouslim et Al Boukhari.

Cette lecture jurisprudentielle est notamment défendue par l’auteur d’al-Hidaya qui a évoqué la notion d’Al Jad’a en disant : Si la bête est bien portante (bien charnue) de sorte que si elle est assemblée avec des bêtes âgées de 2 ans, l’on ne peut faire la différence entre les deux de loin, alors cette bête (de 6 mois à un an) sera valide pour le sacrifice rituel. (Voir Zaad al Maad-Ibn Al Qayyim 2/371).

Et c’est cet avis que le Conseil Européen de la Fatwa et de la Recherche a adopté dans son communiqué n°5 :

« La délimitation de l’âge minimal pour les bêtes du sacrifice dans les ovins et les bovins a pour but de s’assurer du profit du produit (viande) du sacrifice qui en est la condition de validité. Et l’âge de la bête en est l’indice.

La règle générale stipule que l’on s’attache à l’âge de la bête dans les conditions et circonstances où la croissance de la bête est naturellement conditionnée par son avancée dans l’âge. Mais de nos jours, les ovins ont une croissance assez rapide, notamment en Europe, tout comme les veaux destinés à l’abattage qui sont engraissés soit naturellement soit artificiellement et qui ont une croissance fulgurante en si peu de mois, alors leur usage comme bête de sacrifice restera valide tant qu’ils satisfont à la finalité voulue par le législateur en prescrivant l’âge minimal des bêtes. Cet avis juridique est d’ailleurs partagé par un certain nombre de savants malékites »

Sur la base des avis juridiques et de ces considérations finalistes sur la célébration de ce rite et sa pérennisation en la transmettant aux générations à venir, le CTMF préconise de préserver cette tradition rituelle et affirme que les conditions de l’âge des bêtes pour ceux qui ne peuvent pas la garantir ne saurait être une raison pour ne pas l’accomplir. D’autant que le sacrifice n’est pas restreint uniquement aux ovins et qu’il y a une vaste latitude jurisprudentielle pour sacrifier d’autres bêtes.

Le Conseil Théologique Musulman de France souligne qu’on ne saurait renoncer à un rite sacré tel que le sacrifice de l’Aïd el Adha en raison d’une simple divergence jurisprudentielle secondaire.

Le CTMF, attire l’attention des musulmans sur un certain nombre de mesures à respecter, et souhaite leur coopération, afin de célébrer cette fête de l’Aïd dans la sérénité, la joie et la civilité.

  • Le sacrifice doit avoir lieu après la prière de l’Aïd
  • Le sacrifice peut être accompli par une personne ou une institution autre que le propriétaire de la bête (ovin ou bovin)
  • Le sacrifice peut être accompli durant trois jours (le jour de l’Aïd et les trois jours suivants).
  • La bête (ovine ou bovine) choisie pour le sacrifice doit être dénuée de tout vice : ni borgne, ni boiteuse, ni maigre, ni malade.
  • Les normes de sécurité et les règles sanitaires, les conditions d’abattage rituel en vigueur sont à respecter et ce dans l’intérêt des consommateurs.
  • Les boucheries Halal respectant les règles d’abattage rituel peuvent être chargées du sacrifice pour le compte des intéressés afin d’éviter les abattages clandestins accomplis souvent dans des conditions inacceptables, tant pour l’animal que pour l’hygiène.
  • Les dons du prix du sacrifice aux organisations humanitaires et/ou aux plus démunis restent une solution pour les personnes se trouvant dans l’impossibilité d’accomplir cet acte d’adoration. Néanmoins, ce dernier ne doit en aucun cas disparaître de la pratique des musulmans.
  • Les musulmans sont appelés à joindre leurs efforts à ceux des responsables des mosquées, aux professionnels et à ceux des pouvoirs publics pour un meilleur déroulement de l’opération de l’abattage.

Dix jours di-ALHIJAA

Méditons ce hadith du Prophète (Paix et Bénédiction sur Lui) : « Il n’y a pas de jours plus importants auprès de Dieu – exalté soit-Il – et au cours desquels les œuvres sont plus aimées de Lui, que durant ces 10 jours. »

Ces dix jours sont une occasion précieuse pour tous les musulmans sur terre et pas seulement ceux qui se trouvent en ces jours bénis à la Mecque. Il est important pour nous de profiter le plus possible de ces moments comme si nous étions en compagnie des invités du Miséricordieux autour de la maison de Dieu.

Voici quelques œuvres aimées de Dieu et dont il est possible de tirer la plus grande récompense.

Le jeûne

Il est recommandé à tout musulman de jeûner les neuf premiers jours de ce mois et plus particulièrement le jour d’Arafa. Le jeûne de ce jour absout les péchés de deux années entières comme il a été rapporté par Muslim.

Le jour d’Arafa Dieu pardonne les péchés de tous les pèlerins et épargne du feu un grand nombre de ses serviteurs. Il a été rapporté par Muslim que le Prophète (Paix et Bénédiction sur Lui) a dit : « Il n’y a pas un jour où le nombre de gens sauvés du feu est plus grand que celui de ceux qui sont sauvés le jour d’Arafa. » En effet, aussi bien les péchés des pèlerins comme de ceux qui ont jeûné le jour d’Arafa sont pardonnés.

La prière à la mosquée

La prière à l’heure et en groupe doit être la règle pendant toute l’année. Cependant, les occupations mondaines nous distraient souvent d’une pratique conforme à la sunna(tradition) du Prophète (Paix et Bénédiction sur Lui). Parmi Ses bienfaits, Dieu nous a prescrit des périodes pendant lesquelles l’adoration devient plus agréable. Le mois de Ramadan et les dix premiers jours de Dhoul-Hijja font partie de ces moments inestimables.

Les prières surérogatoires

Les pèlerins ont certainement une occasion rare d’acquérir les plus grandes récompenses en priant dans les lieux saints. Cependant, Dieu a ouvert cette porte de la prière surérogatoire à tous ceux qui veulent la satisfaction de Dieu.

Dhikr

Dieu dit : « Et rappelez-vous de Dieu pendant un nombre de jours déterminés. » SelonIbn Abbas, les jours cités dans ce verset sont les dix premiers jours de Dhoul-Hijja. Toutes les catégories de Dhikr (rappel, souvenance) sont souhaitées mais les plus recommandées sont Tahlîl, Takbîr et Tahmîd.

L’invocation

L’une des grandes portes de l’adoration est l’invocation. Si les pèlerins ont de multiples occasions d’implorer Dieu en étant à la Mecque , autour de la Kâaba, lors du jet desjamarates, dans la vallée d’Arafâte, à Mina,… le non-pèlerin a autant d’opportunités au dernier tiers de la nuit, lors de la prosternation,… l’invocation peut avoir lieu à tous les moments pendant ces dix jours bénis.

La lecture du coran

Un grand bienfait de Dieu sur nous est l’amour qu’on peut avoir pour la lecture de son Livre. La lecture du Coran aide à acquérir de nombreux degrés dans l’échelle du cheminement vers Dieu. En effet, pour chaque lettre lue, une bonne action est inscrite dans notre registre auprès de Dieu.

Œuvrer pour l’unité de la communauté

Le pèlerinage est une expression de l’unité de foi des musulmans. C’est une grande occasion pour faire connaissance avec des musulmans venant de divers horizons et de contribuer à rassembler les cœurs autour des grands principes communs.